Dans l'industrie de la mode, tous les rouleaux de tissu ne sont pas utilisés. Ces rouleaux sont appelés "surplus de tissus", "déstockage de tissus” ou “surplus de stocks”. De plus en plus de marques émergentes, mais aussi de marques bien établies utilisent ces surplus de tissus pour fabriquer de nouveaux articles. Mais qu'est-ce qu'un “surplus” ? Que pouvez-vous en faire ? Est-ce vraiment une solution éco-responsable ?

Qu'est-ce qu'un surplus de tissus ?

Les surplus de tissus sont des restes de l'industrie de la mode qui étaient censés être utilisés mais sont jetés au bout d'un certain temps. Ces tissus ont été produits pour des entreprises mais celles-ci n’ont pas réussi à les vendre. C’est le cas quand l’entreprise n’a pas estimé correctement les quantités requises, lorsque la couleur n’est pas la bonne ou parce que le tissu a subi des dommages mineurs ou grands. Ces tissus sont considérés comme des surplus de stocks et peuvent être vendus sous ce terme à d'autres entreprises, tout en maintenant parfois l'exclusivité.

Pakhuis de Zwijger (un centre d'affaires pour des institutions culturelles ) a organisé une émission appelée: "Redesigning fashion : The deadstock dilemma" en collaboration avec Reflow ( un projet qui vise à développer des villes circulaires et à repenser l’utilisation de flux de matières dans les villes). L’émission a commencé autour de la difficulté de déterminer la quantité de surplus de tissus. Il a été affirmé qu'environ 15 % de la production mondiale se transforme en surplus de stocks, ce qui n'est pas négligeable.


Francisco van Benthum, Mireille Geijssen, Aarti O'Varma, Jos van den Hoogen, Ellen Sillekens et Irene Maldini ont évoqué leur expérience concernant le traitement de surplus de tissus, le recyclage, l’upcycling, la réparation et le seconde main.

De l’article usagé à la nouvelle source d’inspiration

Le créateur de mode Francisco van Benthum s'est exprimé sur ce sujet lors de l'événement à Pakhuis de Zwijger. Pour sa marque HACKED by_, il n'utilise que des pièces de rebut. Il utilise des pièces qui ne sont pas achetées par les grandes marques comme H&M et Ikea et il les transforme pour créer une nouvelle collection.

Van Benthum explique : "Le surplus de tissus est tout ce qui n’a pas été vendu. Au niveau mondial, environ 100 milliards de vêtements sont fabriqués chaque année, et 30 % d'entre eux sont abandonnés et n'atteignent donc pas le consommateur. Une grande partie est donc détruite."

HACKED by_ a vu le jour en 2014. Il voulait offrir une solution plus éco-responsable pour le secteur de la mode. "Nous étions conscients du problème et avons pensé à l’utilisation de ces surplus de tissus. Nous voulons les transformer en de beaux produits et lutter contre ce problème."

Le créateur de mode souligne que l'upcycling est coûteux pour les entreprises. "Produire moins est la meilleure solution, mais une partie de la responsabilité retombe aussi sur le consommateur ou la consommatrice. Il y a beaucoup de demande donc les marques produisent plus pour y répondre."


Van Benthum affirme que la sensibilisation des consommateurs est très importante. "De nos jours, les vêtements sont considérés comme des produits jetables. 169 personnes travaillent sur un seul vêtement et très peu de gens sont conscients de cela. Si vous étiez au courant de ce processus, vous seriez moins enclins à les jeter." Selon van Benthum, l'existence de surplus de stocks est un problème qui doit se résoudre de lui-même. Mais acheter moins favorise la résolution du problème.

Mireille Geijssen a fondé i-did en 2009. Il s'agit d'un label de slow fashion qui permet à des personnes n'ayant pas travaillé depuis longtemps de travailler dans ses ateliers à Utrecht et à La Haye. Le but est de les guider vers un emploi rémunéré. i-did produit des sacs, des housses d'ordinateur portable et des produits d'intérieur acoustique en feutre recyclé post-consommation, etc. L'entreprise travaille avec des textiles usagés collectés.

Selon Mme Geijssen, l'une des raisons pour lesquelles ce problème existe est que l'avantage de la surproduction est plus grand que celui de la production mesurée notamment sur le plan financier. L'impact positif est plus important que le profit pour i-did. "Le feutre est un matériau que même les personnes qui ne se sont jamais assises derrière une machine à coudre peuvent travailler. Nous sommes en train d'installer notre propre usine à La Haye, pour une fabrication locale à partir de vêtements d'entreprise rejetés, le "fibrer" et le transformer en feutre."

I-did s'est associé à Ikea, ils ont fait deux collections à partir de housses de duvet qui devaient être jetées". Nous avons remarqué que si les gens n'achètent pas de housses de duvet à pois bleus, ils n'achèteront pas non plus de tabliers avec cet imprimé. C'est pourquoi nous avons commencé à travailler avec du feutre. "

Aarti O'Varma possède une entreprise de location de vêtements appelée “The Collectives”, où elle propose des vêtements vintage de marque. Visualisez les blazers CHANEL, les escarpins Balenciaga ou les bottines Isabel Marant.

O'Varma travaille avec les vêtements usés qui traînent dans vos placards. "J'ai commencé par louer mes propres vêtements et aujourd'hui tout le monde peut me soumettre ses vêtements. Je suis passionnée par la mode mais je vois qu'elle a ses inconvénients. J'ai vu tellement de beaux vêtements sur des gens, pourquoi ne pas les louer. L’éco-responsabilité ne doit pas nécessairement se faire au détriment de la beauté des vêtements. Je vends également d’autres articles et j'ai un partenariat avec De Bijenkorf ( une chaîne de grands magasins haut de gamme aux Pays-Bas)".

Elle pense qu'il est important d'acheter des produits qui existent déjà. Elle ajoute aussi que nous devons calmer nos envies de tout posséder. "Chez moi vous pouvez louer un vêtement pour quelques jours et le porter aussi souvent qu'un vêtement que vous achetez chez Zara pour la même somme d'argent."

Jos van den Hoogen est responsable d'atelier Denim City, où les vêtements sont réparés et upcyclés à partir de vieux jeans. Il a également participé à l'initiative sur la réparation avec le City Pass d'Amsterdam. Les utilisateurs et les utilisatrices bénéficiaient jusqu'à 90 % de réduction sur les réparations de leurs vêtements.

Denim City veut faire participer la jeune génération et fabriquer des jeans éco-responsables. C'est pourquoi ils enseignent et montrent ce que l'on peut faire avec le jean. Van den Hoogen : "Nous appelons Amsterdam la capitale du jean, les Amstellodamois et les Amstellodamoises portent des jeans tous les jours."

"Le Néerlandais ou la Néerlandaise moyenne possède huit jeans et en jette quatre par an. Nous essayons de récupérer deux de ces quatre jeans pour faire quelque chose de nouveau. Nous les personnalisons, les réparons ou nous les transformons en tissus. Nous présentons les choses de manière à ce que ce soit cool de réparer un pantalon et c'est agréable de voir que les gens porter à nouveau leur vêtement préféré."


Van den Hoogen remarque toutefois que la qualité des jeans a diminué ces dernières années. "C'est vrai quand on regarde les prix, mais nous pouvons toujours les réparer s'ils sont cassés." Il évoque une solution aux grandes quantités de stocks morts qui subsistent désormais. "Nous voulons faire baisser les stocks. Le travail “sur commande'' ou “à la demande” peut jouer un rôle important à cet égard, car les vêtements ne sont fabriqués que lorsque quelqu'un les a commandés et peuvent être personnalisés en fonction des besoins de la personne."

Ellen Sillekens est responsable de l'innovation chez le collecteur de textiles Sympany et s'intéresse au commerce circulaire. Elle nous parle des vêtements que Sympany collecte et de ceux qu'elle ne collecte pas, ainsi que des lacunes du système concernant la revente, l’utilisation ou le recyclage des vêtements.

Sympany collecte les textiles de post-consommation dans tous les Pays-Bas. Sillenkens : "Nous remettons 70% des vêtements sur le marché, dont 10% pour le marché néerlandais. Nous en vendons une partie en Afrique. Tous nos clients ont des exigences spécifiques ; par exemple, les clients africains ne veulent pas de taches sur les vêtements, ils préfèrent les couleurs vives et refusent les vêtements d'hiver."

Selon elle, il est important pour Sympany que les textiles collectés soient réutilisés ou remis à neuf, et si les deux ne sont pas possibles, il faut regarder au niveau des fibres. "Ce n'est que lorsque les fibres sont inutilisables que nous utilisons une technique de recyclage chimique comme avec SaXcell. “Pour SaXcell, nous regardons quelles vêtements doivent être triées." Selon elle, c'est également là que réside la plus grande difficulté. "C'est un puzzle! Financièrement ce type de recyclage est plus difficile et les connaissances manquent encore. L'inclusion sociale et la transparence sont aussi très importantes."

Sillenkens indique qu'ils reçoivent également des produits issus de la collecte de textiles. "Mais il y a généralement des restrictions sur l'endroit où ils peuvent finir". Elle pense qu'il est important d’inclure les designers dans le triage pour amorcer le changement. "En incluant les designers des choix peuvent déjà être faits lors de la conception pour la durabilité et la réutilisation des vêtements."

Irene Maldini est chercheuse principale au sein du groupe de recherche Mode et technologie de la Hogeschool van Amsterdam. Elle mène principalement des recherches sur le design pour la durabilité et fait partie de la “Amsterdam Donut Coalition”..

Maldini indique que de nombreuses statistiques sur les stocks morts sont incertaines. "Il y a beaucoup de discussions à ce sujet, mais le chiffre de 30% de vêtements qui n'atteignent pas le consommateur revient souvent. Nous voulons réduire le volume de production et nous explorons la production "à la demande" ou “la production sur commande."

Selon elle, les principaux arguments en faveur de la production "à la demande" est d'éviter les surplus de stocks et d'impliquer les consommateurs dans la phase de conception et de production. "Cela ajoute de la valeur aux vêtements et les clients possèdent un lien plus fort avec les vêtements. Toutefois, dans mes recherches, j’ai constaté que les personnes ayant des articles personnalisés n’ont pas nécessairement un plus petit placard."


Selon elle, un changement d'état d'esprit est nécessaire. "Nous en avons besoin, sinon les entreprises ne changeront pas. C'est un grand défi parce que nous devons aussi penser à la façon dont l'économie doit changer. L'industrie doit être révolutionnée et nous devons plus investir dans la technologie."

COSH ! reconnaît l'existence du problème des surplus de stocks

Chez COSH ! nous apprécions les alternatives proposées autour des surplus de stocks. Certaines marques veulent faire partie de la solution. Pourtant, ce n'est pas sans risque, dit Niki De Schryver, fondatrice de COSH ! "Si la demande de surplus de tissus augmente, les entreprises à l'origine des surplus se sentiront moins obligées de prendre leurs responsabilités et la surproduction continuera. Il faut prévenir plutôt que guérir, et donc produire moins en premier lieu."

De plus, tous les fournisseurs et vendeurs ne font pas preuve de la même transparence quant à leurs surplus. "Il pourrait donc arriver que les fournisseurs surproduisent volontairement pour vendre les soi-disant surplus. Un petit bénéfice en plus."

Les surplus de tissus ne sont pas toujours éco-responsables dans leur fabrication et leur utilisation. Un surplus de tissu est aussi un tissu rejeté par une marque pour sa basse qualité. Le tissu peut aussi avoir été produit dans des conditions de travail non éthiques ou à partir de matériaux non écologiques."

Toutefois, l’utilisation de surplus de tissus présente certainement des avantages ! Par exemple, pour les petites entreprises qui peuvent se retrouver en possession d’un tissu de qualité acheté moitié prix.

Les tissus de fin de série possèdent en théorie, une empreinte carbone plus faible car, aucune nouvelle matière première ne doit être utilisée. Toutefois, l'empreinte carbone réelle dépendra des matériaux, du transport, etc. Mais elle ne sera jamais nulle. Chaque matériau de surplus de tissu est différent, tout comme chaque "nouveau" matériau.

L’utilisation de surplus de stocks est-elle une des solutions pour rendre l'industrie de la mode plus durable et circulaire ? Oui et non, il n'y a pas de solution unique, une trop grande production d'une même chose est toujours nocive pour la planète. Il faut s'en tenir à de petites quantités, car c'est la seule façon de lutter contre la surproduction et l’utilisation de matières premières non utilisées.

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